Don’t Breathe – La maison des ténèbres – Fede Alvarez

Mais quel DESASTRE !

Bon, soyons sérieux… Ce film est l’un des pires, si ce n’est le pire, film que j’aie eu la malheureuse opportunité de voir… Je suis allée le voir au cinéma il y a quelques années, persuadée par un ami (dont on ne peut pas prononcer le nom). Plus jamais !

Je ne suis pas fan de films d’horreur à la base, trouvant qu’ils sont généralement excessifs, risibles par leur manque de crédibilité dans la création de leur univers. Je suis plus adepte de thriller, des films qui créent un univers propre et qui m’angoisseront bien plus que n’importe quel film d’horreur que j’ai vu. Celui-ci, à la lecture du synopsis m’a semblé potable. J’y suis donc allée en me disant que je passerais une soirée sans prise de tête, avec un film tout au plus distrayant. Quel regret !

C’était tellement mauvais. Il n’y avait rien d’intéressant dans ce film. Je n’y ai pas retrouvé les codes de l’horreur, bien que mes souvenirs soient vagues, le film n’ayant laissé pour seule trace que cette déception dans ma mémoire. Les dialogues ne sont vraiment pas géniaux et je ne vois pas le but de cette histoire, il n’y en a aucun !

Si quelqu’un est d’un autre avis, je serais ravie d’en discuter car, j’espère qu’un aspect positif soit ressorti de ce film, que je n’aurais peut-être pas remarqué. Chaque film a un but, chaque personnage principal à un but, même si celui peut varier en cours d’histoire, mais ici, je n’ai pas vu d’évolution chez les personnages, de réflexion, ou autre !

Les acteurs sont passables, mais l’histoire ne nous permet pas de voir l’étendue d’un potentiel talent. Aucun ne m’a marqué assez que je me rappelle son nom en tout cas.

J’ai apprécié l’atmosphère un peu sombre du film, c’était un de ses bons aspects. La rue déserte et son air complètement abandonné, comme si aucune vie ne pouvait se dérouler là-bas était plutôt pas mal, mais rien d’autre ne m’a vraiment marqué.

Le seul moment que j’ai bien en tête, pour dire la vérité, est la scène où l’homme aveugle tente d’inséminer la jeune adolescente. Cette scène avec une des répliques les plus stupides et risibles de l’histoire de cinéma m’a tellement fait exploser de rire que je ne sais plus comment la jeune fille s’en est sortie, car je n’ai pas suivi !

Il s’agit donc d’un film qui serait sur ma liste des pires films jamais vus. Je ne saurais plus élaborer sur le sujet après les mois passés depuis que je l’ai vu sur grand écran.

Harmonie 🖋️

The Gentlemen – Guy Richie

La criminalité… So British!

Quel retour en force de la part du très bon Guy Richie !

Le casting est l’élément le plus attrayant de ce nouveau film de gangster. Une fois de plus, j’avais évité de regarder le trailer et les bandes-annonces afin de découvrir le film sur grand écran. L’affiche avec ces noms avaient suffi à me convaincre que je devais voir ce film.

En effet, j’ai découvert Matthew McConaughey très jeune dans A Time to Kill (Le droit de tuer), en avocat convaincu se battant pour un homme noir dans le Texas encore très raciste. Je l’ai de suite adoré et les autres films dans lesquels il a joué ne m’ont pas fait changer d’avis.

Pour Charlie Hunnam, après The Green Line (Hooligans), je l’ai particulièrement apprécié dans Sons Of Anarchy. Il mérite amplement de voir sa carrière évoluer.

Hugh Grant a toujours été l’un de mes british préférés, et Colin Farrel est un atout quoi qu’il arrive !

Avec ce casting de dingue, je pars appréhensive au cinéma, dans l’attente d’en prendre plein la vue, dans l’inquiétude d’être déçue… Que du contraire ! Je n’ai pas vu le temps passer et ai pris un malin plaisir durant le film !

Depuis janvier 2020, c’est le film, vu au cinéma, qui m’a le plus plu. Voici quelques raisons…

Nous avons déjà parlé du casting, donc je ne vais pas épiloguer beaucoup plus. Chaque acteur interprète son rôle à merveille et amène sa personnalité dans le film. McConaughey est incroyable et peut absolument tout jouer, même le gangster le plus stylé de l’Angleterre. Hunnam en gangster maniaque et toujours en contrôle, dans son costard trois pièces tiré à quatre épingles est hilarant et porte le film. Grant dans ce rôle de Private Eye aux répliques et à l’imagination débordante amène tellement de légèreté, même en nous racontant toute l’histoire, que je ne vois personne d’autre dans ce rôle. Michelle Dockery en femme fatale à l’élégance aussi provocante que criminelle, donne au film sa femme forte et indépendante, nécessaire à l’heure d’aujourd’hui ! (Je reviendrais sur ce personnage plus tard car il est essentiel).

Le film à peine commencé, j’ai compris que je l’aimerais ! Guy Ritchie nous offre un bon vieux générique d’introduction du film après une scène qui ne sert qu’à attiser la curiosité du spectateur. Générique très moderne, avec un côté film noir et mystérieux. Sa musique et ses effets impressionnent m’ont fait me sentir nostalgique. Que du bonheur !

Vous l’aurez compris dans mes critiques de Birds of Prey et Little Women, j’aime beaucoup quand on joue sur la temporalité dans un film. Le spectateur est sur ses gardes car il ne sait pas ce qu’il va se passer, ou ce qu’il vient de se passer, comment la situation a escaladé, comment elle va se résoudre, etc. Guy Ritchie nous offre un scénario excellent. Je ne peux que rêver écrire aussi bien que lui dans l’avenir. Le film est raconté par un protagoniste qui n’est dans presqu’aucune des scènes qu’il raconte. Il s’agit de son scénario possible. Nous découvrons donc cette histoire pendant qu’il la raconte. De temps en temps, il s’emballe et on doit rembobiner la scène pour la revoir telle qu’elle s’est passée. J’aime ce genre de technique qui montre le talent des monteurs/euses, des acteurs/trices, du scénariste et du réalisateur. De plus, le spectateur est encore plus incertain de ce qu’il voit, il peut être surpris à tout moment par des changements.

Un autre point excellent du scénario n’est autre que l’écriture des dialogues ! Mon Dieu, certains de ces dialogues sont simplement épiques ! Les répliques absurdes dans des moments de tension, la politesse anglaise au cœur de la violence extrême, l’humour complètement décalé de certaines réparties resteront des classiques je pense ! Je salue vraiment ce travail sur la langue, les jeux de mots, les situations. Chapeau monsieur Ritchie !

Comme je l’ai dit plus haut, il y a un personnage féminin important dans l’histoire. Clairement, on peut parler d’un manque de représentation féminine, d’une certaine manière, mais ce n’est honnêtement pas un grand problème parce que le personnage de Rose dans l’histoire est complètement réussi ! Nous sommes dans un film de gangster, ce qui nous pousse à craindre la représentation machiste de la femme, soumise au milieu criminel, aux hommes qui l’entourent… Ce n’est pas le cas. Nous avons affaire à un  véritable partenariat du crime entre mari et femme. Quel que soit ses décisions à prendre, ses doutes et ses questionnements internes, Mickey (McConaughey) en fait toujours part à sa femme et lui demande son avis. Il l’écoute et ne prendra aucune décision définitive sans sa participation. Elle a ses propres affaires sur le côté, son mari n’y prend pas activement part non plus. Ce partenariat permet de changer des histoires des gangsters où les femmes sont, soit objets, soit exagérées et irréalistes. J’ai vraiment aimé cet aspect de l’histoire.

Un dernier point dont il faut faire part : la bande-son ! Les musiques et les accompagnements sonores tombent dans le mil tout au long du film. Je dis souvent à mes élèves que la musique dans un film est l’une des trois choses les plus importantes dans le cinéma. Un très bon film peut être diminué par une OST (Original Soundtrack) qui ne vaut rien, et vice versa.

J’ai vraiment eu un coup de cœur pour ce film ! J’espère que malgré la situation pandémique mondiale actuelle vous permettra d’y avoir accès rapidement !

Pour découvrir le Trailer : https://www.youtube.com/watch?v=KlXsguV9g0E

Harmonie 🖋️

Birds of Prey

Une surprise inattendue !

Une collègue m’a convaincue d’aller voir ce film, qui ne m’intéressait pas le moins du monde. Je n’ai pas vu Suicide Squad, et ce que j’ai entendu sur ce film ne me donnait aucune envie d’aller voir l’histoire d’Harley Quinn.

Curieuse comme je suis, j’ai décidé d’aller le voir tout de même… Et je ne regrette absolument pas cette décision ! Cathy Yan nous offre un film déjanté et hors norme.

Margot Robbie dans le rôle d’Harley Quinn

En réalité, je ne connais pas très bien Margot Robbie, si ce n’est pour The Wolf of Wall Street donc je n’avais pas d’avis préconçu sur l’actrice avant d’aller voir ce film. Elle était incroyable, Margot Robbie est une excellente actrice et a un bel avenir devant elle si elle reste naturelle. Dans ce rôle, Robbie amène tout l’humour de son personnage, le côté loufoque et extraverti, sans aucun raisonnement logique, et pousse le public à adorer cette ancienne psy partie en vrille et prête à mettre à feu et à sang le reste du monde pour des raisons purement égoïstes.

Un des points les plus intéressants dans ce film repose en l’utilisation de la voix-off narrant l’histoire aux spectateurs. Margot Robbie fait un sacré travail dans le jeu mais aussi par sa voix en off. Les intonations, le rythme et les propos qu’elle tient donne le ton d’humour noir et de légèreté qui peut contredire la violence de l’image. Cette voix-off, accompagnée d’une bande-son incroyablement géniale, rythme tout le film et lui donne le ton qu’il a du début à la fin.

En cinéma, on parle du quatrième mur, comme au théâtre, qui représente le mur séparant le film du spectateur. Ce quatrième mur est infranchissable, ce qui signifie que les acteurs ont pour règle n°1 : On ne regarde pas la caméra ! Briser le quatrième mur, regarder la caméra, rappelle au spectateur qu’il s’agit d’une fiction et montre que l’acteur connait sa place dans un rôle de fiction et qui reconnait le mécanisme filmique utilisé pour réalisé une oeuvre cinématographique. A plusieurs reprises, Harley Quinn/Margot Robbie brise le quatrième mur et nous fixe à travers l’œil de la caméra. C’est très intéressant car ce mécanisme ajoute encore une couche au film et au ton qu’il prend à travers l’histoire.

Ewan McGregor dans le rôle de Roman Sionis

Une autre excellente surprise pour Birds of Prey est la présence d’un de mes acteurs fétiches : Ewan McGregor ! Comme le film ne me tentait pas, je n’avais pas vu une seule bande-annonce (ce qui est le meilleur moyen de découvrir un film à mes yeux), je n’avais lu aucun article sur le film et donc, je ne connaissais pas les têtes d’affiche du film. Quelle surprise de le voir apparaître à l’écran, dans un rôle déjanté comme on l’a rarement vu auparavant. Il amène tellement de sa personnalité et de son talent dans ce film qu’il ne fait que le rendre meilleur. Toute sa gestuelle est mise au service du film et de son personnage, ses expressions faciales, sa manière de parler et ses différentes intonations permettent aux spectateurs de comprendre les quelques facettes de la personnalité de « Romy » !

Un défaut existe cependant chez le personnage de McGregor, son masque lorsqu’il devient « The Black Mask » n’apporte absolument rien à l’histoire. Il n’y a aucune logique derrière ce masque dans le film. Roman porte ce masque dans une scène et c’est la scène qui m’a le plus déplu car je l’ai trouvée superflue et sans aucun sens pour le film. Ce déguisement ne lui sert à rien fondamentalement, même pas à cacher son identité, but d’un masque à la base. Le masque est assez banal et n’a rien d’attractif ou d’intéressant.

Rosie Perez, Mary Elizabeth Winstead, Margot Robbie, Ella Jay Basco & Jurnee Smollett-Bell

Le reste du casting mérite aussi d’être mentionné pour leur apport au film. Les actrices de ce film sont surprenantes par leur talent et par leurs personnalités différentes qui s’assemblent si bien pour créer ce groupe drôle, badass et éclectique !

On est clairement face à un film réalisé dans le but de montrer des femmes en rôles principaux, des femmes fortes, talentueuses, avec leurs propres démons, et à l’encontre de la plupart des rôles féminins dans le cinéma. Je ne peux que saluer Cahty Yan pour ce travail. A travers le film, le spectateur découvre l’émancipation de plusieurs femmes avec beaucoup d’humour, de violence et le tout enrobé de second degré !

Cependant, je trouve que c’est parfois trop exacerbé ! En effet, le milieu des forces de l’ordre est un milieu prédominé par les hommes, mais dans ce film, il n’existe qu’une femme flic dans le commissariat de Gotham ! Je suis pour une représentation plus féministe des femmes dans le cinéma, mais il ne faut pas non plus que ça soit amené pour un aspect politique ou décrit comme si le spectateur était incapable de comprendre le but de la réalisatrice. Ici, elle nous dicte presque : vous avez vu, il n’y a qu’une seule femme flic et en plus c’est la seule qui fait du bon travail ! Cet aspect du film m’a dérangé…

Au niveau de l’esthétique de l’image, j’ai adoré les différents supports visuels utilisés à travers le film. En plus de la vidéo, nous retrouvons du dessin, de la photo, etc. J’aime ce jeu des textures qui ajoute au rythme et tempo du film. L’histoire nous est racontée par Harley Quinn, qui a clairement des troubles de l’attention et ne peut s’empêcher de revenir en arrière, repartir au présent, etc. Ce jeu sur la temporalité rend le film encore plus attractif car il faut bien suivre les histoires pour comprendre à quel moment elles convergent et se rejoignent pour former une seule histoire.

Les arrêts sur image utilisés pour présenter des situations et personnages rappellent les jeux vidéos, et les dessins qui accompagnent ces images rappellent les comics, dans un jeu d’intermédialités très intéressant. Les couleurs travaillées, les images, le tout mixé ensemble donne l’envie aux spectateurs d’en apprendre plus et d’en découvrir plus !

Les slow motion sont parfois de trop mais pas pour autant mal venus. Il aurait fallu doser un peu la dose, mais les scènes de bagarres, de poursuites, etc. en slow motion permettent aussi de rythmer le film et le filtrage d’information par les spectateurs.

Une autre scène m’a un peu dérangée, car elle était de trop, trop dans l’excès dans le parler et n’amenait rien à l’histoire. Il s’agit de l’une des dernières scènes, dans un bar à Tacos. Ceux qui ont vu le film comprendront peut-être de quoi je parle !

En résumé, je découvre une réalisatrice, une actrice et un film avec surprise ! Les références que l’ont retrouve dans le film, l’aspect mélodramatique et drama queen du personnage en mal d’amour qui s’émancipe et l’humour violent que l’on retrouve nous sorte de notre quotidien et nous permettent de passer deux bonnes heures au cinéma !

Je vous invite à découvrir ce film, si ce n’est déjà fait car, malgré quelques petits reproches à lui faire, il en vaut la peine !

Harmonie 🖋️